Escapade à Muuido Island
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27 mai 2017, dans l’avion pour la Corée du Sud
Plus que 2h30 de vol avant d’atterrir à Incheon.
J’ai à peine dormi. J’ai mal partout, mes yeux sont secs et bouffis. Quelques cafés plus tard, je prends un bus et m’échappe sur l’île de Muuido.
Je ne sais pas ans encore où je vais dormir. Je ne sais pas s’il fait beau là-bas et si c’est compliqué de s’y rendre. Je sais juste que j’ai besoin de nature, de mer, de sable et de silence.
18h27 - Muuido Island
C’est bon, j’y suis. Le craquement des vagues me remplit de joie. Le trajet en bus était l'incarnation parfaite de la Corée traditionnelle que j’imaginais. Un bus hétéroclite dévalant les pentes, dont les freins grinçants semblaient lâcher à chaque virage. Des groupes de randonneurs coréens sexagénaires montaient à chaque arrêt, un verre de crustacés à la main, qu'ils dégustaient goulûment, crachant les carapaces par la fenêtre, gouttes de salive sur les vitres. Même ce geste avait son charme.
J’arrive à Hanagae Beach. Par chance, il reste une beach hut, la numéro 48. Je tourne la clé dans le vieux cadenas rouillé et découvre une pièce de 3m2. Un tapis au sol, un drap, un coussin. C’est tout. Je n’ai besoin de rien d’autre en tout cas.
J’enfile mon short et je pars respirer. La mer est calme, le paysage sauvage, paisible. Ce n’est pas incroyable, mais plutôt agréable. Deux ou trois îles se dessinent au loin. Des enfants jouent avec les vagues, des filles se prennent en selfies. On est une dizaine sur la plage. L’absence totale de touristes et la sérénité du lieu suffisent pour me rendre heureuse.
9h10 - Avant de partir pour Séoul
J’ai dormi comme un bébé, bercée par le bruit des vagues. Je vais petit dejeuner avant de repartir pour Séoul. Il n’y a qu’un restaurant sur la plage, et le menu est en coréen. Je pioche un plat. La dame qui gère le restaurant m’observe avec de grands yeux. Elle ne parle pas anglais, mais ce qu’elle me dit semble aimable. Nous rions ensemble. Elle m'apporte un énorme bol de soupe rempli de coquillages, accompagné de petites entrées ; cinq assiettes aux contenants étranges, gluants et pâteux. Une panoplie de couleurs épicées qui ne m’excitait guère pour un premier repas, à 9h du matin. Je n'ai aucune idée de ce que j'ai mangé, mais c'était exquis.
Je regarde une dernière fois la mer avant de prendre un bus pour Séoul.
C’est pour ces moments que je vis. Partir à l’aventure, sans attentes. Pour forger des souvenirs qui, des années plus tard, me font toujours sourire.