185 Jours



Pensées d’une baroudeuse
Maylis Moubarak ©2026






TOTAL READING TIME: 30 MIN - WRITTEN IN FRENCH (70%) & ENGLISH
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185 JOURSCARNET DE VOYAGE DIGITAL
7 pays
Un sac de 12KG
4 carnets de dessins
Date de départ : 7 janvier 2019
Date de retour : 10 juillet 2019


when you spot a drawing, play with it with your mouse. Try it out: drag me over the line



Pendant 185 jours en Amérique Latine, j'ai écrit, dessiné, photographié les moments forts, drôles, surprenants, terrifiants de ce long voyage en backpack, en solo. Des moments que vous avez peut-être aussi vécus ? J’aimerai les partager avec vous.

Au fil des pages, vous trouverez une ode à la beauté de la nature et aux merveilles de la vie, sous forme d'histoires, poèmes, caricatures, dessins et photos. J'y ai glissé également quelques astuces pour cultiver un mental de fer et apprendre à écouter son corps, en voyage ou dans la vie quotidienne (j’apprends encore).

Voici la version digitale de mon carnet de voyage. Pour une expérience immersive sans interruption, faites simplement défiler votre souris (ou doigt) sur cette page. J’écris en français et en anglais.

Bonne lecture,
Maylis aka  Maé




On the road, I wrote, drew and photographed the memorable, funny, surprising and terrifying moments of this long solo backpacking trip through Latin America. Moments that perhaps you’ve experienced too? I’d like to share them with you.

As you turn the pages, you’ll find an ode to the beauty of nature and the wonders of life, in the form of stories, poems, drawings and photos. I’ve also slipped in a few tips on how to cultivate a strong mindset and learn to listen to your body, whether travelling or in everyday life (I’m still learning myself).

Here is the digital version of my travel journal. For an uninterrupted, immersive experience, simply scroll on this page. I write in French and English.

Enjoy the read,
Maé



START
CHAPTER 1


Il est temps de vivre
It’s time to live



















CHAPTER 1   Il est temps de vivre

January 7, 2019
Paris, France







Shivers of joy wake up my body.

My thoughts are pure bliss.
My body feels light.

My backpack sits on my shoulders,
While I wait at the airport counter.

A one-way ticket to a faraway land,
I hold it preciously in my hand.

Everything is ready.
I am ready.

To let go.








CHAPTER 1   Il est temps de vivre

8 janvier 2019
Monteverde, Costa Rica







Une forêt enchantée. 

Un voyage mystique au coeur d’un labyrinthe végétal, où résonne un orchestre magistral : les chorales d'oiseaux se mêlent au souffle du vent, les feuilles bruissent et les insectes dansent.

Et par moments, un silence absolu, avant que toute la vie ne reprenne en chœur.

Marchant à travers les sentiers humides, bordés d'arbres centenaires couverts de mousse et de plantes étonnantes, je suis seule sur les chemins, absorbée par la forêt. Mes pas sont rythmés par de grandes inspirations, comblant mes poumons d'un air pur, étonnamment éthéré, vaporeux...

Enfin, je respire.


CHAPTER 1   Il est temps de vivre

10 janvier 2019
Montezuma, Costa Rica
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Un village tranquille, simple, aux plages vides et sauvages. Je vais surfer en fin de journée avec un local sur un spot accessible uniquement à pied - 45 minutes à travers une jungle aux mille teintes de vert et de lumière.

Dans l'eau, nous sommes trois seulement.

Une brume humide teintée d’orange et de rose enveloppe l’horizon. Le soleil caresse nos visages de ses derniers rayons tièdes, et nous regardons notre journée s'éteindre avec paix et joie - joie de pouvoir partager ce moment spectaculaire offert par la nature.


La nuit tombe vite. Je marche pieds nus dans la jungle qui soudain se réveille. Elle est bruyante, les jolis chants d'oiseaux ont disparu pour faire place à une cacophonie de craquements, de cris aigus, de bourdonnements étranges.

Les arceaux de la lune éclairent faiblement mes pas. J'ai peur, et je prie de ne pas marcher sur une araignée ou un autre insecte difforme de cet environnement soudain devenu hostile.

CHAPTER 1   Il est temps de vivre

February 6 2019
Santa Teresa, Costa Rica




The hostel has a luscious garden filled with splendid birds, iguanas and black monkeys. Howler monkeys: a perfectly suited name for these tropical primates that roar so loud they’d wake me up every single morning at 5 AM. They were the self-proclaimed roosters of Costa Rica. But it didn't bother me. I always liked roosters.

I've met lovely people, I feel wonderful, and I ink any piece of paper I find. I work at the hostel reception, prepare breakfast for the guests, do the check-ins, chill with the dogs... 

I surf every day - I also get wiped out a lot. As I’d walk out of the water looking like a disembodied zombie,  I would watch in awe beautiful Swedes running airily towards the ocean with their super short $800 surfboards, bronzed skin and golden hair that looked so smooth I wanted to wrap myself in it. They were absolutely stunning people, and looked like pristine angels going into a celestial pool. 

And here I was with blood-shot eyes, dangling arms and hair twisted into a massive, horrific knot of sand and salt. A perfect example of the sexy surfer look. But I didn’t mind, actually, for the first time in a while.

I’m happy here. The days go by and all look the same, yet I wish they’d never end. I feel stronger than ever before, healthier, more confident, may I even dare to say I noticed I was glowing last morning? Or maybe that was the coconut oil?

 I'm not sure what to do. Colombia is right around the corner. Should I stay here any longer? 

But there’s this insatiable thirst for change, like a magnet, constantly pulling me. I accept that thirst and let myself dive into the peaceful feeling of going with the flow.

CHAPTER 1   Il est temps de vivre

8 février 2019
Bogota, Colombia




Changement soudain de température... 
il fait 9 °C !

Les singes sont remplacés par des foules de gens qui grouillent dans les rues, les chants d'oiseaux par les klaxons et pots d'échappement, l'horizon et l'océan par une étendue infinie d'immeubles gris... ma planche de surf me manque déjà.

Allez, la question ne se pose donc pas. Allons voir ailleurs.
CHAPTER 1   Il est temps de vivre

9 février 2019
Salento, Colombia













Torticoli.
   Un torticoli !
Qu’ils étaient grands ces palmiers.
Je n'ai pu m'empêcher de les observer,
Le cou tendu, vers le haut, toute la journée.
Leur tronc tout fin, tout frêle, 
Leur tête ébouriffée,
Au milieu de pins, de sapins,
   De vaches ?
Mais que faites-vous là !
Le dépaysement a commencé.





drag the cow and place it where you like


CHAPTER 1   Il est temps de vivre

17 février 2019
Jardín, Colombia












Un village qui porte si bien son nom ! Un jardin de pierres colorées, au charme humble et discret. Telle une parenthèse dans le temps, se promener dans ses ruelles, c'est plonger dans le passé. Un regard bienveillant, un sourire contagieux... les habitants sont gentils et ouverts, tout le monde se salue dans la rue chaleureusement.

Les demeures sont modestes, avec leurs toits en tuiles rouges et leurs murs peints d'une couleur unie ; ocre, bleu marine, terracotta, rouge, mais aussi, rose, orange, bleu électrique, jaune, vert ! Chaque fenêtre est bordée de pots remplis de fleurs éclatantes.

Jardín s'inscrit parfaitement dans le cadre naturel qui l'entoure ; des montagnes splendides à perte de vue. Une explosion de verts avec des touches de fleurs rouges, de bambous, de bananiers, et bien sûr, l'éternel, le tout puissant : le palmier, qui apparaît dans les endroits les plus improbables, sur un 
sommet, tout seul, tout là haut, au milieu de sapins et de vaches dodues.



CHAPTER 1   Il est temps de vivre

21 février 2019
Costeño Beach, Colombia





Humble huts and fishing boats laid peacefully by the sea. I reached the river mouth with my surfboard and discovered breathtaking scenery.

Mountains emerged in the background, with birds floating over the peaks. The river was of a thousand shades of green, swaying with the reflection of the palm trees, the greyish sky and the soft sand bottom covered in mushy yet comfortable seaweed. Three afro-Colombian kids were playing in the water, their laughs resonating like shimmering bells of happiness.

There were two surfers in front of the river mouth, and as I was watching the waves breaking with brutal force, closing out quickly, and coming from all sides, forming far in the back, but also right in front, and everywhere in between, I asked myself if I should really go in. 

I went in, my board smashed in my face, and thus went out.